Deuil périnatal

Accompagnement des familles touchées par un deuil périnatal
Bubu
Site Admin
Messages : 964
Enregistré le : 18 avr. 2007, 22:03

Deuil périnatal

Messagepar Bubu » 07 nov. 2015, 19:08

Le Républicain Lorrain du 25/10/2015 - Par Romuald PONZONI - Photo : Thierry SANCHIS

Deuil périnatal : une maman témoigne à Thionville : de battre le cœur de son bébé s’est arrêté

    Image


À 28 ans, Lorène Amptil a besoin de parler du deuil périnatal. Cela lui permet de faire vivre son petit Owen, mort né, trois semaines avant le terme de la grossesse. Photo Thierry SANCHIS


Deux ans se sont écoulés et Lorène n’a toujours pas pu faire le deuil de son petit Owen, mort-né, à trois semaines du terme de la grossesse. Aujourd’hui, cette maman a besoin de parler, pour faire vivre son enfant.

Elle s’est posé la question du pourquoi ? Elle l’a retournée dans tous les sens, sans jamais trouver de réponse. En culpabilisant, en pleurant, en passant des nuits blanches, en voyant ses proches s’éloigner. Pourquoi le cœur d’Owen s’est-il arrêté ce jour-là ? Pourquoi ce petit bout n’a pas vécu ? Pourquoi est-il mort-né ce 4 août 2013 à 3 h 30 ?

Avec son compagnon de l’époque, la jeune maman envisageait un bel avenir pour ce deuxième enfant. Une complicité existait entre Evan l’aîné et Owen le petit dernier.

« Un espoir infime »

« Ce jour-là, j’ai ressenti des contractions et je suis allée de toute urgence à l’hôpital ». Prise en charge par le personnel soignant, la jeune femme est aussitôt conduite en salle d’échographie. « En tournant la tête vers le moniteur, j’ai compris ». Lorène a compris que son bébé ne pousserait jamais son premier cri. « J e me suis sentie seule lorsque la sage-femme m’a dit que son cœur ne battait plus. J’étais au plus mal ». De longues heures s’écoulent car la Spitelloise est contrainte d’accoucher par voie naturelle. « Au fond de moi, je gardais un espoir. Il était infime, mais il était là ». Owen est né à 8 h 49. « Ils me l’ont enlevé, lui ont fait la toilette et me l’ont rapporté ». Un petit corps inerte, que Lorène a serré contre elle le berçant, lui parlant. « J’entendais à côté de moi des mamans heureuses, des bébés qui pleuraient. Dans ma chambre régnait le silence ». Un silence qui aujourd’hui lui glace toujours le sang. « Une maternité est un lieu où la vie s’exprime. Moi, il fallait que je fasse mon deuil. Personne ne m’a aidée. La psychologue était en vacances. Le gynécologue m’a lancé entre deux portes : "Mais qu’est ce que t’as fait ? ", avant de revenir une heure plus tard en me glissant : "C’est triste". » Lorène est alors confrontée à la froideur administrative, aller déclarer l’enfant en mairie, une obligation car, il doit figurer sur le livret de famille. « Au lieu de ressortir de l’État civil avec un acte de naissance, j’en suis repartie avec un acte de décès ». Pompes funèbres, petit cercueil blanc, « nous n’avons pas souhaité l’enterrer. Il a été béni par un diacre ». Owen a été incinéré. De ses cendres, il reste dans le cœur de sa maman un petit être qu’elle aurait tant voulu aimer. « Je garde en moi son visage, il ressemblait comme deux gouttes d’eau à son grand frère ».

« J’ai souffert »

Lorène n’a jamais pu surmonter cette tragédie, son couple s’est brisé, « et ma famille ne m’a pas soutenue. Je ne lui en veux pas, je peux même les comprendre, j’étais inconsolable. Eux n’avaient pas les mots. Ils se sont mis en retrait. J’ai souffert. »

Aujourd’hui Lorène a besoin de parler de cet événement qui a chamboulé sa vie. Elle n’est plus la même, elle est comme elle se décrit, « à fleur de peau, émotive ». Mère ultra-protectrice aussi avec Evan. Jeune femme qui a besoin de raconter son expérience, d’échanger avec d’autres mamans dans son cas, lors de groupes de parole organisés par une association thionvilloise, Aux noms des petits anges, ayant une antenne à Forbach. « Le deuil périnatal est un sujet tabou. Beaucoup ont l’impression que cette perte est contagieuse, qu’il vaut mieux ne pas savoir pour être à l’abri. Le fait de se souvenir de mon bébé, lui permet d’exister, de continuer à vivre à travers les mots, à travers les images qui me restent de lui. »

Lorène refait tout doucement sa vie, avec son nouveau compagnon, avec qui elle a l’intention d’avoir un bébé. « Je ne veux pas rester sur un échec. Je sais que je risque des complications, mais je m’arrangerai pour avoir un suivi médical continu ». Sur le livret de famille, le prénom Owen restera toujours gravé comme un enfant tant désiré. « Mon bébé que je n’ai pas connu ».

Aux Noms Des Petits Anges - Intercom Santé 57 - 3, rue du Cygne 57100 Thionville. Tel : 06 58 61 26 95

Romuald PONZONI


Retourner vers « Aux Noms des Petits Anges »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité